POSTHUMAIN

Il est clair que nous sommes à l'aube d'un changement de paradigme qu'on pourrait qualifier de posthumain. Quel est l’impact de ce changement sur l'art ? Sur l’enseignement ? Face aux permutations d’identité et à l’ubiquité de la présence permises par les technologies, quelles postures adopter ? Quels sont les gains et les pertes encourus par l’emploi des diverses technologies ? Afin de prévenir son atrophie et étendre ses possibilités, ne peut-on pas, à la fois, habiliter le corps à l'usage des technologies, dépasser les frontières des conventions d’usage du corps et des objets technologiques, mais aussi le réhabiliter à son propre usage ? Ce sont là quelques questions que nous poserons dans le cadre de cet événement.

Dans une pédagogie posthumaine, il semble crucial que les dimensions critique, éthique, esthétique, ludique, métaphysique et socio-affective s’ajoutent à la dimension technologique. Elles permettront d’explorer des tactiques subversives qui détournent les technologies de leur usage habituel pour leur donner un sens nouveau. Ces détours créent des ruptures signifiantes dans notre appréhension du réel, du corps et des autres et ouvrent de nouvelles voies d’exploration. À notre avis, le développement d’un nouveau paradigme pour l’enseignement des arts visuels et médiatiques doit s’inscrire à l’intérieur d’un nouvel humanisme pédagogique et d’une conception posthumaine du corps et des rapports humains; il doit tenir compte des extensions technologiques, de la présence qu’elles permettent, au-delà des limites biologiques du corps.